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VOTRE HISTOIRE, NOTRE  NOUVEAU-BRUNSWICK
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Et si vous nous partagiez votre expérience ? Envoyez-moi vos histoires, vos ressentis, vos projets et apprenons tous ensemble de nos expériences.

Explorons et redécouvrons notre Nouveau-Brunswick !

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Lake
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Véronique, Michael, Eliott et Owen

résidents permanents depuis mars 2020

"Un rêve vieux de 20 ans!"

"il faut admettre que notre français semble aussi à l’inverse très apprécié de certains employeurs, tout est donc possible"

Un rêve vieux de 20 ans le Canada ! De l'idée folle et utopique jusqu'à la concrétisation d'un projet qui aura tenu notre couple, et maintenant nos enfants, en haleine jusqu'à ce jour. Je rédige ce récit assise à la table de camping qui trône encore un peu esseulée dans notre immense salon, en regardant les écureuils se poursuivrent dans les arbres de notre jardin, avec juste le chant des oiseaux et le cliquetis du clavier en arrière plan. Vous vouliez du rêve ? En voilà !... Et pourtant, tout n'avait pas si bien commencé. Longues et complexes démarches que cette immigration, pour le Québec d'abord et son fameux portail où nous avions fini par nous

loguer à 4h du matin, n° de dossier informatique et impersonnel qui n'aura jamais eu de retours en 3 ans (+ 700€ envolés)...

Machine 1 - Humain 0

Puis l'Entrée Express avec reconnaissance des diplômes chez WES Toronto, tests de français 2ème (les premiers pour le Québec étant périmés… et oui, c’est comme les yaourts, après la date limite, votre français langue maternelle a sans doute perdu de sa saveur !) (200$ par diplôme puis par tests de langues)

Machine 2 - Humain 0

Ayant ma meilleure amie de lycée, son mari et ses enfants au Québec depuis 15 ans et partis en Saskatchewan l’an dernier, nous avons pu suivre leurs aventures à plus d’un tître. Ils ont été les premiers à nous le glisser gentiment : “Ne vous embêtez pas à venir apprendre le québecois, il y a plein d’autres provinces où la minorité francophone devient une force et où vous pourriez acquérir vous et vos enfants un bilinguisme et une véritable ouverture sur le Monde !”. C’était dit… Et répété : par une de mes responsables au boulot, par les agentes de la province rencontrées à Destination Canada, par les innombrables blogs et forums parcourus lors de mes veillées nocturnes… jusqu’à la révélation pour ce petit bout de terre acadienne !

Humain 1 - Machine 2

En septembre 2017, nous embarquons donc pour notre voyage exploratoire. Point de chute à l’aller et au retour chez nos amis Québecois et 10 jours de tournée sur la province du Nouveau Brunswick… le retour sur les autoroutes québécoises aura conforté notre choix… quitte à changer de vie et sortir de notre cadre citadin, autant ne pas retrouver le même rush ailleurs ! Par contre, ce voyage n’aura pas eu le goût attendu, oubliés par l’agent d’accueil à Bathurst notre “exploration de la ville” aura été plus que succincte (un signe ?), AirBnB sur Moncton le long d’un grand axe et au dessus d’une station de radio jour et nuit (pour le calme, la nature et les oiseaux… on repassera…) et malgré notre préparation, nous n’aurons pas pu bénéficier de toutes les visites espérées, nos têtes ahuries avec le pompiste à l’arrivée sur St John laissaient entrevoir peu d’espoir sur notre adaptabilité à l’anglais local, et le passage pour l’entretien final à Frédéricton aura été trop éclair en ce dernier lundi matin embrumé… Bizarrement, loin de nous rebuter, nous sommes surtout repartis avec un goût de trop peu et d’inachevé

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Puis vint le temps de l’administratif… les allers retours en mairie pour faire certifier conforme la plupart de nos précieux sésames (diplomes, concubinage, impots, fiches de paie sur 10 ans… ouch monsieur a fait beaucoup d’intérim, donc beaucoup d’allers retours !), l’envoi du compte rendu de VE en octobre, la confirmation de la province pour candidater 15 jours après, l’envoi du dossier en novembre, la validation de la province en février 2018. Puis la longue traversée du désert, attente interminable et aveugle, où plus rien n’existe, où vous mettez toute votre vie entre parenthèse… “la machine en panne ? Ben on va pas en racheter une alors qu’on va partir ?” (plus d’un an sans lave vaisselle et un aspirateur qui faisait fuir la poussière, l’épreuve du feu de la ménagère que cette dernière année !), s’applique de la même manière pour tous les envies de déco/brico et les “Maman, je veux un chat ! Je veux de la neige à Noël ! Je veux ma chambre !”... avec immanquablement la même réplique : “Quand on sera au Canada,….”. Jusqu’au sursaut un beau jour sur nos boites mails, demandes surréalistes d’un renvoi de papier, de consignes pour la visite médicale, et là, tout d’un coup, on sort de sa torpeur au printemps 2019, c’était donc vrai ? Il y a bien quelqu’un au bout du fil ? Car la vie, la routine pendant ce temps là ne vous oublie pas, le temps s’écoule, les bons moments et les emmerdes aussi, et oui, ces fameuses emmerdes (appelons un chat un chat !) qui vous poussent vers l’avant, vers cet ailleurs salvateur ! Parce que oui, on fuit, il faut le dire… L’idéaliste dira “rechercher la grande aventure”, mais pour éprouver de nouveau ce grand frisson, ne faut il pas déjà réaliser qu’il n’est plus là où vous êtes ? Sans débattre sur la couleur de l’herbe, trouver déjà le petit deux mètres carré pour y poser sa serviette fait déjà rêver quand vous savez pertinemment que vous n’aurez même pas la serviette là où vous êtes !

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Après donc de nouveaux ralentissements : vente d’un appartement de région parisienne en plus de 7 mois, incompétences à rebondissement de notre Banque française, démarches multiples et à répétition pour résilier enfin les assurances, la box internet… le départ final avait été posé pour la mi mars 2020. Nous avons même trouvé des colocataires de container pour apporter un petit 12m3 avec nous, et même si nous ne sommes pas de la même région au départ comme à l’arrivée, ils sont devenus de véritables amis depuis (et oui, l’immigration ça rapproche !). Il faut savoir aussi que Monsieur avait contact avec un employeur depuis plus d’un an (à l’occasion d’une mise à jour Linkedin lors du VE, entretien Skype et proposition de poste imminente que nous ne pouvions honorer malheureusement, sans avoir au préalable remué

ciel et terre pour savoir si un permis même temporaire aurait pu être possible), et alors qu’un rendez vous enfin fût pris au 15 mars de notre arrivée, après des années donc de préparatifs, après avoir tout vendu, tout résilié, tout arrêté, nous avions tout prévu sauf... une pandémie mondiale !

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Encore une fois, rien de ce qu’on n’avait prévu… Oubliés les aurevoirs de départ, arrivée en longeant les murs et sans velléité touristique aucune à la veille du grand confinement, nous avons eu la chance de passer d’un AirBnB isolé à des hôtels vides sur Québec et Edmunston. Notre AirBnB d’arrivée sur Dieppe, loué pour 15 jours normalement, se sera transformé en location pour 3 mois ½ et nous remercions infiniment nos propriétaires pour leur accueil, et leur soutien indéfectibles. Les 14 premiers jours d’isolement auront marqué déjà le début d’une incroyable solidarité, le Cafi nous aura livré nos premières courses jusqu’au gâteau et cadeau d’anniversaire pour l’un de nos enfants (quel idée aussi, 8 ans au Canada 10 jours après l’arrivée en plein lockdown ! Merci Stéphanie !). Tout le monde nous annonçait “en une matinée, on récupère permis et NAS (numéro d’assuré social) à Service Canada et Service Nouveau Brunswick… heu… là encore… on n’a rien fait comme tout le monde ;) De fermetures de bureaux en mise en place de procédures en ligne et remaniements divers, nous finissons à peine de rapatrier certains éléments 4 mois après.

Nous aurons tout de même réussi à louer un véhicule, puis trouver un assureur et acheter une voiture (le tout sans presque voir personne). L’administration peut s’avérer aussi ubuesque qu’en Europe, mais les canadiens rencontrés sont tous d’une incroyable gentillesse et les expatriés de tout bord se rallient tous à cet état d’esprit, nous ne comptons plus le nombre de propositions de services que nous avons reçu ! Au milieu de tout cela, conscient de la difficulté à louer un bien avec 2 enfants en plein covid et de l’urgence d’obtenir aussi une adresse permanente pour nos démarches (programme d’aide à la recherche d’emploi, inscription des enfants en école ou garderie…), nous avons même tenté le tout pour le tout en achetant une maison avant même d’avoir un emploi (ceux qui nous connaissent n’en reviennent pas de ce coup de folie !). Et oui, avec 35% d’apport (merci le solde du prêt immo en France), ici effectivement, on peut envisager une petite maison et un jardin dans une rue pavillonnaire… un luxe ! Le comble, 2 jours après notre arrivée, nous avons été invité à une soirée de voisinage et enchainons depuis 4 semaines les invitations ! Les enfants ont déjà 2 camarades dans la rue, et nous multiplions les rencontres avec tout un petit réseau de français ici.. un vrai village en effet, tout le monde se connait !! Nous n’avons jamais eu une vie sociale aussi dense, en plus de 40 ans sur la région parisienne ! Il n’est pas sans rappeler que le réseau est important ici, il faut rester à l’affut de toutes les opportunités, ne pas s’isoler, et moi qui était anti réseaux sociaux, force est de constater que tout passe par là… Je viens d’ailleurs de trouver un premier emploi administratif en milieu francophone cette semaine pendant que monsieur entame un programme de cours d’anglais ! Oui, l’anglais peut être un frein parfois, bien que notre niveau intermédiaire nous permette

de nous adapter sans difficultés aux situations du quotidien, il faut admettre que notre français semble aussi à l’inverse très apprécié de certains employeurs, tout est donc possible.

Canada 200%

Malgré les mois passés et toutes nos nouvelles embûches, pour rien au monde nous ne ferons machine arrière. Bien entendu, la maison est encore bien vide, nous ne travaillons pas encore tous les deux, les enfants n’ont pas encore découvert l’école, nous n’avons pas  fait le dixième des visites et balades possibles dans cette magnifique province… mais nous l’avons fait !! Nous aurons de nombreux étés et hivers pour découvrir encore et encore tout le potentiel de cette immigration, en attendant, je savoure mon café devant mon petit potager pendant que le pain fait maison cuit dans le four.. (et oui, on se découvre soi même un peu plus chaque jour aussi..).

Vous vouliez du rêve ?... moi j’ai trouvé le mien, et vous ?...